04.10.2010

Parcours

Parcours (Web).jpg

15.09.2010

de Lampedusa à Hammamet

Mardi 24 août

Entre Lampedusa et Hammamet.JPGDernière traversée de quelques 112 Milles avant d'atteindre les côtes nord africaines. Nous quittons avec regret Lampedusa et ses mouillages aux eaux turquoises. Eole est à nouveau aux abonnés absents ce matin ce qui nous oblige à solliciter une nouvel fois les 57 chevaux du Yanmar! Nous sommes maintenant habitués aux doux ron-rons de notre "ami" nippon. Partis à 9h30 de Lampedusa, nous hissons enfin les voiles vers 19h, vitesse 5 noeuds pour quelques heures puis baisse de régime à 3 noeuds pour finir...devinez? eh oui, au moteur! Il nous faudra une vingtaine d'heures pour atteindre la Tunisie à 7h le matin suivant. Nous mouillons l'ancre devant le port de Yasmine pour quelques heures de repos après la dernière nuit de quarts. Une puanteur nous prend à la gorge, à croire que tous les hôtels du coin déversent leurs latrines dans la mer, et dire que la plage se trouve juste en face (no comment!) Bienvenue en Afrique du Nord.

Capitainerie Port Yasmine.JPGAprès d'interminables formalités d'entrée: passage au bureau de la police maritime, puis celui des douanes où nous faisons connaissance avec "Mister Bakchich" et enfin la capitainerie, nous rejoignons enfin notre place d'amarrage. Ponton sécurisé, ambiance conviviale entre plaisanciers. Nous sympathisons avec nos voisins directs, des français à la retraite. Nous retrouvons aussi avec plaisir nos amis suisse, Michelle et François, installés à Hammamet depuis quelques années.

Gros nettoyage.JPG4 jours de travaux sont nécessaires pour rendre Sweetblue propre comme un sou neuf. Démontage, nettoyage et rangement des voiles, des cordages, de la capote, du bimini, de l'annexe et son moteur, sans compter tous les chromes à faire reluire. La chaleur est telle (40°C) qu'il nous est possible de travailler qu'entre 7h et midi. François, me conduit à la buanderie centrale d'Hammamet pour y déposer notre linge sale. 

Pendant notre séjour à Hammamet, nous logeons à l'Hôtel "Green Golf" situé à 10 minutes à pied de la marina. L'hôtel est pratiquemment vide, tous les touristes algériens et lybiens sont retournés dans leur pays fêter le ramadan en famille. Heureusement pour nous, car selon les dires de nos amis, la vie est infernale en leur présence...

Dernier regard à Sweetblue que nous laissons en gardiennage à Adel  Zahrouni, ex-skipper de von Karajan qui a créé une société de maintenance. Il promet de s'occuper de notre voilier avec le plus grand soin... 

Quelques jours plus tard retour en Suisse où nous retrouvons un peu de fraîcheur : 16°C à l'arrivée à Genève. Bienvenue en Suisse!

22.08.2010

de Malte à Lampedusa

Dimanche 15 août

Arrivée sur Malte.JPGFinalement il nous a fallu 20 heures de navigation pour atteindre en début de matinée l’île de Malte. Nous avons » perdu » un peu de temps à tirer des bords dans la baie située entre la péninsule de la Maddalena et le cap Passero en partant de Syracuse. L’entrée dans Marsamxett Harbour est impressionnante avec la flèche de l’église gothique de St-Paul et le Dôme à bâbord et le Fort de Tigne à tribord. Nous nous amarrons sur le quai des douanes à l’entrée de M’sida Marina pour 2 nuits. Un bateau voisin nous signale la présence de rats sur le quai. Par précaution, nous protégeons nos amarres avec des bouteilles de pet vides : effet dissuasif ? La nuit tombée, seuls quelques chats en attente d’une hypothétique pitance marquent de leur présence le périmètre. Nous apercevons également quelques cafards ! Serait-ce la fameuse chaîne alimentaire ? Les rats bouffent les cafards, les chats bouffent les rats…alors qui bouffent les chats ???

Le lendemain, nous prenons un tour organisé en bus à deux étages qui nous conduit aux différents points d’intérêt de la partie sud de l’île avec la possibilité de s’arrêter lors du trajet et reprendre le bus suivant une heure plus tard. Nous choisissons de faire halte dans le pittoresque village de pêcheurs de Marsaxlokk. Avec sa multitude de petits bateaux de pêche multicolore, la baie constitue une jolie scène kaléidoscopique. Seuls les bateaux s’aventurant loin au large arborent les yeux phéniciens dessinés de chaque côté de l’étrave et sensés les protéger contre le « mauvais œil ».

La république de Malte se compose principalement de l’île de Malte, de l’île de Gozo et de deux autres petites îles : Comino et Filfla. De par leur position stratégique entre L’Afrique et l’Europe, elles ont vu passer les marines et les armées du monde entier mais deux grands sièges ont particulièrement marqué leur histoire : le grand siège de Soliman le Magnifique contre les Chevaliers de St-Jean en 1565 et le siège par les Armées de l’Air italiennes et allemandes en 1941 et 1942. Ses terres sont très arides et peu de verdure colore le paysage. De nombreuses baies jalonnent ses côtes.

Mardi 17 août

En fin d’après-midi, nous mouillons notre ancre dans la très réputée baie de « Blue Lagoon » sur l’île de Comino. L’endroit est bondé de bateaux de touristes venus là pour une baignade rafraîchissante dans des eaux turquoise dignes des Caraïbes. Heureusement, le soir venu, la baie se vide de toute cette horde bruyante…mais c’est sans compter sur l’arrivée dès 22 heures de deux bateaux « disco » rempli de jeunes fêtards déversant leurs décibels. Nous sommes carrément chassé de notre mouillage et trouvons refuge en milieu de nuit dans le port de M’garr sur l’île voisine de Gozo. Nous passons une nuit tranquille en bout de ponton (cul à quai) avant d’être à nouveau sommer de partir par le personnel de la marina qui vraisemblablement n’apprécie pas du tout notre incursion nocturne : « You have five minutes to leave…otherwise… » Nous décampons manus militaris !

Dingli Cliffs.JPGUn vent S-SW souffle à l’extérieur du port qui nous poussera toutes voiles dehors à 3-4 nœuds jusqu’à la baie circulaire de Dwejra à l’ouest de l’île de Gozo. D’impressionnantes falaises, les Dinggli Cliffs, bordent cette partie de l’île. Nous nous sentons vraiment tout petit face à ces masses rocheuses surgies des fonds marins il y a des millions d’années. Mouillage tranquille dans cet endroit à l’aspect plutôt menaçant avec ses hautes falaises tout autour. Au milieu de l’entrée, se dresse Fungus Rock qui doit son nom au type de moisissure autrefois recueilli pour ses propriétés médicinales. Baignade et farniente dans l’après-midi avant une nouvelle grande traversée (82 miles) jusqu’à l’île de Lampedusa. Lors d’une plongée masque-tuba, Jean-Pierre remarque un bout de filet de pêcheur accroché à notre hélice. Nous l’avons probablement accroché lors de notre traversée Syracuse-Malte. En effet, nous avions croisé un certain nombre de filets dérivants…Cet incident nous rappelle que la vigilance s’impose durant les navigations.

Jeudi 19 août

9 heures, nous relevons l’ancre : destination Lampedusa. Le vent, une nouvelle fois, fait défaut : frustration du capitaine qui fustige contre la météo trop clémente à son goût ! Rebelote pour une navigation voile-diesel. A 10 miles des côtes nous coupons la route des cargos chargés de containers en provenance de Gibraltar et faisant route sur le canal de Suez. Nous restons sur nos gardes, inutile de nous jeter contre ces monstres qui ne subiraient pas une égratignure en nous envoyant par le fond !

La mer, digne des eaux lémaniques un jour de calme plat, est à peine frémissante. Nous en profitons pour vaquer à nos occupations de bord : rédaction du blog et préparation du repas de midi pour moi et consultation des fiches techniques de l’Océanis 381 pour Jean-Pierre. Il y a quelque chose de profondément mystique à pourfendre ces eaux cristallines au son du « Credo inum Deum » de Mozart. Pour un instant j’ai l’impression de toucher du bout des doigts ce sentiment de liberté si cher à tous les marins : exquise sensation de bien-être.

DSC02573.JPGSoudain, le moteur marque un à coup et change de régime sortant JP de sa sieste. Après avoir stoppé le moteur et armé de son masque, il descend contrôler l’hélice sous le bateau. Effectivement, nous avons à nouveau accroché un morceau de filet probablement déjà sectionné par un des nombreux cargos croisant dans la région. Heureusement plus de peur que de mal ! Profitant de cet arrêt impromptu, nous prenons un bain rafraîchissant dans une eau d’un bleu si intense qu’il paraît irréel,  par 1500 m de fond… alors que le soleil au zénith caresse de ses rayons nos peaux déjà bien bronzées.

 

 

 

Vendredi 20 août

Arrivée sur l’île de Lampedusa à minuit et demi. Nous trouvons refuge pour le restant de la nuit dans la baie de Pisana sur la côte Est de l’île, fond de sable de bonne tenue. Au matin, un soleil radieux et des eaux turquoises nous invitent à une baignade avant le petit déjeuner. Puis nous partons à la découverte de la côte Sud avant de mouiller notre ancre dans la baie de Galera pour la nuit. L’endroit, très tranquille une fois tous les bateaux moteur rentrés au port, nous plaît particulièrement.

DSC02668.JPGLampedusa la plus importante des îles Pelagie (composées en plus de Linosa et Lampione) a une population d’environ 4000 habitants. Toutes ces îles sont basses et en majeur partie dépourvue de végétation. Lampedusa est particulièrement rocheuse et toute sa côte Nord est une enfilade de falaises, grottes et roches très spéctaculaire. Nous la découvrons le lendemain samedi au moteur le vent nous faisant toujours faux bond. Il fait chaud, très chaud…nous sommes proches de l’Afrique du Nord et subissons son climat. Retour le soir sur la côte Sud (mouillage plus sûr) dans une très jolie baie juste après celle de Isola degli Conigli (!) . Dans la soirée, le vent se lève enfin , 10 à 15 noeuds! Le lendemain, nous nous rapprochons du port et mouillons devant le môle, le port étant complet, puis nous partons avec l’annexe faire quelques courses à terre.

Lampedusa est notre dernière étape avant la grande traversée de 120 miles qui nous conduira en Tunisie. Nous profitons de ces derniers jours pour musarder autour de l’île et prendre du bon temps avant les gros travaux d'hivernage du bateau à Port Yasmine Hammamet.

15.08.2010

Sicile (part II)

Sicile (part II)

Mardi 10 août

Baie des trois cyclopes.JPGPartis dans la matinée de la Baie de Taormina, nous atteignons 5 heures plus tard le village de Aci Castello et ancrons à l’extérieur du port. Dans la soirée, le mouillage s’avérant trop rouleur, nous nous rabattons dans l’entrée du port où nous jetons l’ancre afin de passer une nuit plus au calme. Le lendemain matin, nous nous dirigeons vers la Baie des Iles des Cyclopes au nord de Catania. Durant le trajet sous voile, nous sommes secoués par les vagues qui nous prennent par le travers : impossible de faire à manger dans ces conditions, nous nous sustentons donc d’un simple pique-nique « à l’arraché ». Par contre, je devine dans les yeux pétillants de mon skipper toute la jouissance du marin en raisonnance avec sa maîtresse…la mer ! La baie des Cyclopes est constituée de trois rochers transformés en réserve marine où s’ébattent en toute quiétude une pléiade d’oiseaux. Selon la légende, ces trois géants de pierre furent précipités là par la colère de Polyphène, malheureux cyclope rendu aveugle par Ulysse.

 

Syracuse, SB à quai.JPGNous continuons direction Syracuse en délaissant volontairement Catania et ses immeubles hideux bordant le rivage. En fin d’après-midi, Syracuse se profile à l’horizon. Nous distinguons d’abord les remparts de la vieille ville, appelée Ortiga et qui est en fait une péninsule reliée par trois ponts à la ville « moderne » de Syracuse puis son château au Sud en arrivant par le Nord (me suis-je bien fait comprendre ?). Nous accostons « cul à quai » au quai municipal de la ville à Porto Grande (gratuit). La manœuvre consiste à frapper l’ancre puis à venir en reculant s’amarrer aux anneaux tout neufs du quai. Nous devons nous y reprendre à trois fois, la brise de l’après-midi soufflant par l’Est nous poussant contre un voilier allemand déjà amarré : quelques équipiers sur le quai sont prêts à nous aider : Danke schön ! En guise de remerciements nous leur offrons une bouteille de blanc de notre cave. D’abord surpris, ils semblent apprécier notre geste.

 

Syracuse, pl. du Dôme.JPGLa vieille ville Ortiga est un délicieux dédale de ruelles et d’escaliers entre de belles maisons baroques. Dans l’Antiquité, c’était la cité-état la plus puissante de la Magna Graecia, l’égale d’Athènes. Il reste de nombreux vestiges témoignant du passé tumultueux de la vieille ville grecque : le théâtre grec monolithique, l’Oreille de Denys, le Temple d’Athéna, les carrières et les remparts. De la période romaine, nous admirons un superbe amphithéâtre bien conservé. Ces vestiges sont visibles au parc archéologique dans la nouvelle ville. Syracuse, ville d’art, offre tant d’aspects différents et une telle atmosphère faite de mythe et de charme qu’elle nous a littéralement subjugués et nous regrettons de ne pouvoir y passer plus de deux jours. Déjà, nous devons planifier notre prochaine étape : Malte à 80 miles, 16 heures de navigation si tout va bien.

10.08.2010

Sicile

Sublime Sicile, la plus grande des îles méditerranéennes (+de 25000 km2), est située entre la pointe de la botte italienne (Calabre) dont elle est séparée par le détroit de Messine, et le Cap Bon en Tunisie. Moins de quatre kilomètres séparent la Sicile et le continent. Pourtant dans le caractère des hommes comme dans les traditions, ce pays témoigne d’une forte insularité où monuments et paysage évoquent les différentes civilisations qui l’ont influencée. Entre ombre et lumière, elle est une terre d’excès et de mystère.

Lundi 2 août au jeudi 5 août

Milazzo.JPGC’est à Milazzo, sur la côte ouest que nous accueillent chaleureusement Mariella, Mauro et leurs deux enfants Lisa et Dario. Nous passons trois jours forts agréables en leur compagnie. Grâce à eux, nous découvrons une toute petite partie de cet île, goûtons aux spécialités culinaires de la région mais surtout nous mesurons la chaleur authentique de ceux qui l’habitent, particulièrement dans leur petit village de Protonotaro flanqué sur une colline en dehors de toute agitation touristique. L’unique bistrot du village tenu par Renato et sa piazzetta sont le point de rendez-vous des hommes du coin : échanges de palabres et potins ou simples présences silencieuses. Sur le seuil des maisons, des chaises rarement vides ponctuent les rues, gardiennes d’un temps arrêté. Ici tout le monde se connaît, est cousin ou cousine, oncle ou tante ou a un lien de parenté plus ou moins éloigné. L’âme de la Sicile plane à chaque coin de rue.

Ces 3 jours de pause nous ont permis de faire les quelques réparations nécessaires : moteur de l’annexe (eau dans le carburateur) et remplacement des deux batteries du bord arrivées en fin de vie ainsi qu’une grande lessive…et puis soyons réalistes et restons objectifs,  la vie à deux à bord comporte immanquablement son lot de petites disputes et désaccords. La promiscuité, la chaleur parfois étouffante, le manque de sommeil, la fatigue, génèrent de temps à autre de petites tensions. Mais dialogue restauré, malentendus expliqués, la vie reprend son cours, chacun retourne à ses occupations : le skipper assurant la bonne marche du bateau tandis que l’équipière vaque à ses tâches domestiques tout en donnant un coup de main aux manœuvres le cas-échéant. Il y a tant à faire sur un voilier…sans les mêmes commodités qu’à terre. Après plus de deux mois de vie à bord nous sommes heureux de « poser nos valises » sur la terre ferme, de dormir dans un bon lit, de prendre une bonne douche et de manger autour d'une table qui ne tangue ni ne roule en compagnie de nos amis!

Jeudi 5 août

Entrée Nord du détroit de Messine.JPGNous quittons nos amis avec regret et reprenons la mer direction la côte Est de la Sicile. Nous mouillons pour la nuit entre Capo Raso Colmo et Capo Peloro devant une plage sauvage avant d’affronter le détroit de Messine réputé pour ses remous et tourbillons. Aucune difficulté particulière ne nous affectera pendant la traversée du détroit. Il fait beau, un vent de 10 nœuds secteur Ouest nous attend à l’entrée Nord du détroit. A mesure que nous avançons, de fortes rafales descendant des hautes terres de chaque côté du détroit contraignent le vent à forcir pour atteindre 25 nœuds au Sud. Nous naviguons sous GV 2 ris et trinquette à une vitesse de 6 nœuds. JP se régale à la barre.

A la limite de la province de Catane, Taormina se profile sur les flancs du Mont Tauro dans un site pittoresque et plein de charme. Elle bénéficie ainsi d'une position magnifique sur une terrasse dominant la mer ionienne avec en arrière-plan, la présence majestueuse de l’Etna où que le regard porte. Nous jetons l’ancre dans la baie de Taormina après huit heures de navigation, mouillage qui s’avère rouleur encore une fois ! Le lendemain matin, nous décidons de nous amarrer dans le port de Naxos, centre touristique prospère à une encablure de Taormina. Dans l’après-midi nous visitons le Parc archéologique avec ses vestiges exposés dans le Vieux fort des Bourbons. Des colons venus d’Asie Mineure s’installèrent ici en 750 av. J.-C. la ville fut détruite en 403 av. J.-C. après s’être alliée à Athènes contre Syracuse. Syracuse gagna et la ville fut rasée.

Dimanche 8 août

Baie de Taormina.JPGNous retournons dans la Baie de Taormina et mouillons devant la gare qui vaut à elle seule vaut le déplacement. Cette gare "Old Style" est magnifique avec ses peintures ornant ses hauts plafonds, ses guichets "à l'ancienne" tout de bois sculptés et ses salons feutrés 1ère et 2ème classe : un réel retour au passé. Embarqués dans un bus devant celle-ci, nous rejoignons Taormina perchée sur les pentes rocheuses escarpées. Le trajet en bus s'avère périlleux à nos yeux! mais c'est sans compter sur l'extraordinaire expérience des chauffeurs qui feraient passer une souris dans le chas (de l'aiguille évidemment!). Un télé-cabine, appelé ici "funiculare" relie également la baie de Mazarro avec le centre ville. Taormina, rendue célèbre grâce au film le "Grand Bleu" est un dédale de petites rues étroites, d'escaliers reliant les maisons entre elles, avec une pléiade de restaurants et d'hôtels plus ou moins luxueux, de boutiques ainsi que de belles galeries d'art où se bouscule une ribambelle de touristes en mal de dépenses...Nous reprenons un bus depuis le centre ville pour atteindre le ravissant village de Castelmola, véritable nid d'aigle culminant à 500 mètres au-dessus de la mer. Ici tout invite à la flânerie dans les minuscules ruelles et à la contemplation du panorama depuis le Castello. Au loin se profile la Calabre, tandis que l'imposant Etna veille sur les visiteurs du monde entier se prélassant sur les nombreuses plages du littoral sicilien.

 

01.08.2010

Les Iles Eoliennes

Mercredi 28 juillet

Deux nuits au ponton de Lipari ont suffit à remettre à neuf Sweetblueet son équipage. Bien reposés, nous sommes d’attaque pour reprendre la mer sous un soleil radieux. L’après-midi touchant à sa fin, nous mouillons à nouveau dans la baie de Divieto par 5 mètres de fond avant de filer le lendemain sur Filicudi, la plus séduisante, la plus intéressante et la plus protégée perle de l’archipel.

Bye bye Filicudi.JPGC’est l’île des fougères géantes, des figuiers de Barbarie et autres arbustes du maquis qui d’un camaïeu de verts tapissent les pentes abruptes plongeant dans la mer. Trois hameaux reliés par une route d’à peine 3 kilomètres et par plusieurs chemins pavés datant de l’époque romaine, témoignent d’une activité insulaire tournant au ralenti. Elle est quasi exempte de pollution. Assurément Filicudi, plus que toute autre, respire la tranquillité de ces îles saturées de soleil. Au nord de l’île se dresse la Cana, un incroyable pic surgissant à 92 mètres au-dessus des flots. Nous tentons de mouiller devant ce pouce géant mais une forte houle constante et inconfortable nous en dissuade rapidement. Cap sur un mouillage plus tranquille, à gauche du petit môle devant le village sur la côte Est de l’île.

La Cana.JPGAlors que nous tentons de nous rendre à terre à bord de notre annexe, le moteur de celle-ci choisit de nous lâcher…Pas moyen de le faire démarrer et c’est à la rame que nous rejoignons le rivage. Le Capitaine, en sueur, tempête sur le matériel japonais. Démontage, nettoyage de la bougie, révision du manuel d’utilisation, remontage : rien n’y fait ! Le moteur s’obstine dans son silence.

En résumé, les Eoliennes sont comme les notes de la gamme : toutes belles mais chacune avec sa propre personnalité. Vulcano, Lipari, Salina, Panarea, Stromboli, Filicudi, Alicudi, sept îles de cendre et de feu surgies des profondeurs après de terribles bouleversements volcaniques, sept pétales de marguerite jetés sur la mer depuis l’Etna par le dieu Eole .

Samedi 31 juillet

YESSS ! Eole a enfin entendu nos prières. Pendant la nuit, le vent s’est levé :20 nœuds annoncés mais en réalité seulement 10 à 12 nœuds effectifs. Nous quittons Filicudi sous GV et génois délaissant Alicudi, son île jumelle, et voguons à 6 nœuds sur une mer moutonneuse creusée de vagues de 1m50 couplées à de la houle. Deux heures de voile, un vrai régal…du pur plaisir ! Lipari et sa baie de Divieto nous accueillent pour une nouvelle nuit au mouillage. Demain, nous rejoindrons le port de Milazzo sur la côte sicilienne à environ 25 miles où  nous attendent mon amie Mariella et sa famille. Nouvel intermède dans notre périple à deux en mer.

28.07.2010

de Acciaroli à Lipari

Les Iles Eoliennes

Cet archipel se trouve à 35 miles des côtes de Sicile. Les îles sont en fait des volcans dont deux sont toujours actifs, le Stromboli et le Gran Cratere sur l’île de Vulcano. Les îles doivent leur nom à Eole, le dieu des vents. Il envoya à Ulysse les vents contraires enfermés dans un sac, mais en approchant d’Ithaque ses marins l’ouvrirent croyant trouver un trésor et Ulysse s’éloigna à nouveau de sa patrie.

Arrivée sur Stromboli le 20 juillet:

Stromboli (2).JPGIl est 4 heures du matin lorsque l’île de Stromboli, le plus vieux phare naturel au monde, se détache de l’horizon dans la nuit encore noire. Le volcan en activité laisse échapper par intermittence de ses deux cheminées des jets incandescents de lave en fusion illuminant son sommet. Il vaut la peine d’arriver de nuit afin de jouir de ce spectacle magnifique, un brin irréel.

L’île est un cône volcanique haut de 925 mètres dont l’activité est presqu’ininterrompue, libérant peu à peu, comme une soupape de sécurité, au lieu d’emmagasiner de la pression jusqu’à une grosse éruption. Le volcan vit, respire, s’époumone, crache sa fureur, cherchant sa raison d’être dans les entrailles de la terre. Il imprime en nous quelque chose de mystique nous ramenant immanquablement à l’origine du monde.

Trois petits villages se partagent l’île. San Vincenzo et San Bartolomeo à l’Est et Ginastera, isolée sur la côte Ouest. Nous mouillons sur un corps-mort à San Vincenzo, face à la plage noire de scories. Le tourisme y fait des ravages comme nous le démontre l’accueil froid et indifférent des insulaires. Pas un « bonjour » ni « merci » dans les magasins où nous nous approvisionnons… à quelques exceptions près.

Mercredi 21 juillet

Nous laissons Stromboli et ses découpes lunaires et cinglons cap au 200 sur Panarea à 10 miles. En quittant le mouillage, nous contournons le Strombolicchio à environ un mile au NNE. Ce petit îlot accore présente des formations rocheuses assez spectaculaires, on devine tour à tour, une tête de cheval, un hippocampe ou un dromadaire couché, selon l’angle de vision. Au sommet se trouve un phare atteignable par des escaliers taillés dans la roche mais les profondeurs sont telles qu’il est impossible de mouiller devant l’îlot même par beau temps. En route, arrêt baignade et lunch aux abords de Basiluzzo avant de mouiller par 10 mètres à l’Est du port de Panarea. Petit essai navigation voile au portant pour atteindre péniblement 2 nœuds. Le moteur sera une fois encore un parfait compagnon de voyage !

L’île de Panarea se trouve sur une plate-forme sous-marine qui émerge en de nombreux points autour de l’île. Des fouilles ont mis à jour un village de huttes circulaires remontant à 1500 avant J.C. Nous en faisons le tour avant de trouver une ravissante crique qui nous accueille pour la nuit. Nous qui pensions être seul au monde, voici qu’un catamaran « Trait d’Union » mouille tout près de nous, nous ramenant à la dure réalité : la mer appartient à tous !

Le temps se gâte.JPGLe lendemain, départ pour l’île de Salina, facilement reconnaissable grâce à ses deux pics jumeaux (volcans éteints). L’île est très cultivée, il y a notamment beaucoup de vignes qui produisent son fameux vin de Malvoisie. Le soir venant, nous jetons l’ancre à l’Est de l’île juste avant le port de Santa Marina. A 6 heures du matin, ce samedi 24 juillet,  le vent se lève, le sommet de l’île se couvre d’une masse nuageuse bien sombre. JP, que le coup de vent a réveillé, surveille attentivement l’évolution des conditions météorologiques puis décide de lever l’ancre avant que Sweetbluese drosse contre l’imposante paroi de rocher derrière nous. Fuite en avant, au large… La mer est bien formée et le vent souffle à 18-20 nœuds (estimation). Nous nous dirigeons sur l’île de Lipari et mouillons dans la baie de Divieto à l’Est de l’île, en fin de matinée. Record battu, l’eau est à 37°C ! autant dire que nous nous baignons dans un bouillon. Un petit bateau de pêche s’approche de nous et nous propose du poisson : « pesce, pesce ! ». Nous leur achetons 2 belles dorades et des calamars, enfin du poisson dans nos assiettes : il était temps ! Nous mouillons pour la nuit au Sud du port de Lipari sous les rochers.

Dimanche 25 juillet

Départ pour l’île de Vulcano, la plus au Sud des Eoliennes. Elle est formée de cratères éteints et d’un cratère actif. La majeur partie de l’île est désolée, composée de tuf érodé par le vent en formes fantastiques. Nous traversons le chenal étroit (800 mètres de large) du nom de « Bocche di Vulcano » au moteur, mer bien formée et vent de 15 à 25 nœuds ON-O. Nous remontons au pré, GV 1 ris et trinquette sur Porto di Levante, côte Est. Belle navigation à 6 nœuds tout en tirant l’annexe, le bateau se montre stable et sûr.

Vulcano, bain de boue.JPGArrivée sur Levante en début d’après-midi. Nous mouillons devant la plage, de nombreux bateaux s’y trouvent déjà et il faut « jouer des coudes » pour enfin parvenir à jeter l’ancre en toute sûreté car les profondeurs sont irrégulières en se rapprochant du rivage. Attention, fond de sable grossier et l’ancre ne croche pas toujours du premier coup ! Une odeur »d’œuf pourri » caractéristique du souffre plane sur l’île et vient chatouiller nos narines de citadins. Il y a quelque chose de lunaire dans le paysage, l’impression est encore renforcée par la vue des nombreuses personnes en surpoids qui viennent s’enduire de vase grise chaude reconnue pour ses effets thérapeutiques. Dans la soirée, le ciel s’illumine de toutes parts d’éclairs de chaleur avant de déverser sur nous une pluie bienfaisante et qui rafraîchira quelque peu l’atmosphère. Nous en avions bien besoin après les chaleurs caniculaires des derniers jours.

 

Lundi 26 juillet

Nous retournons sur l’île de Lipari. Sweetblue a besoin d’un grand nettoyage. Après avoir fait le tour des différentes concessions d’amarrage en leur demandant le prix, notre choix se portera sur La Buona Fonda qui offre un amarrage moitié prix (80 euros au lieu de 150 euros!).

Lipari.JPGLipari, la plus grande île de l’archipel, est la plus peuplée. Elle est montagneuse avec trois pics : Monte Chirica (602m), Monte S. Angelo (593m) et Monte Guardia (369m). Dans la ville de Lipari et ses environs, de nombreuses fouilles ont permis de découvrir des restes de tout un éventail des civilisations humaines. Ruines et vestiges appartenant à une douzaine d’époques différentes témoignent du passage de l’homme depuis la préhistoire. Nous vous conseillons le très intéressant Museo Eoliano (Musée Archéologique Régional Eolien) qui expose de nombreux objets ainsi que la  reconstitution de nécropoles avec sarcophages, grands vases et stèles funéraires Même les plus récalcitrants aux musées ne seront pas déçus…Les sections préhistoire et volcanique sont ouvertes au public le matin tandis que la section classique est ouverte l’après-midi. La basilique, juste à côté du musée vaut une petite visite, de magnifiques fresques ornent sa voûte.

En fin d’après-midi nous flânons dans les rues étroites jalonnées de boutiques pour touristes et prenons un rafraîchissement sur une des nombreuses terrasses autour de la place en dessous du château où se mêlent touristes et locaux. Non loin de là, nous découvrons un petit resto typique et y prenons notre repas du soir :délicieux !

21.07.2010

De Ventotene à Acciaroli

Mardi 13 juillet

Le matin, départ pour les îles du Golfe de Naples, plus précisément cap au 91 sur l’île de Procida à 27 miles. Nous Laissons l’île ronde de San Stefano à tribord. Elle fut pendant un temps un pénitencier et on a vraiment l’impression d’une « île du Diable». Sous Moussolini, les anti-fascistes opposés au régime de l’époque y furent incarcérés.

Navigation voile « diesel » afin de recharger les batteries du bord. Nous mouillons à la Cala di Corricella à l’extrémité NE de l’île de Procida pour une première nuit avant de nous amarrer à la marina de Procida pour la suivante. Marina cher et n’offrant pratiquement aucun service. Une grande flotte de pêche est basée sur l’île. Nous partons à la recherche d’une « lavanderia » tout en parcourant les rues étroites à l’aspect médiéval. Il fait une chaleur étouffante (plus de 40°C). Alors que nous suons à grosses gouttes, nous nous demandons comment ces lavandières supportent leur travail dans leur minuscule échoppe encombrée de linge et de machines à laver et à sécher tournant à plein régime ! Pourtant, elles repassent consciencieusement chemises et pantalons le sourire aux lèvres ! C’est sur cette île que fut tourné le film « Il Postino ».

Corricella.JPGLe lendemain, après avoir tiré quelques bords dans la passe du Canale d’Ischia, entre Ischia et Procida, nous retournons à Cala di Corricella pour la nuit. Nous mouillons sous le château, sous nos yeux le village au charme désuet, est une explosion de couleurs pastel et de peintures qui s’écaillent. Nous l’atteignons à bord de notre annexe.

 

  

Vendredi 16 juillet

Capri, le port.JPGNous délaissons Ischia et préférons mettre le cap sur Capri avant la ruée des touristes du week-end. Capri, la perle de la baie de Naples est sûrement l’île la plus célèbre d’Italie. La marina est complète , nous faisons le tour de l’île avant de mouiller à quelques centaines de mètres de Marina Grande que nous rejoignons à bord de notre dinghy. Le funiculaire nous achemine jusqu’à Capri città située sur les hauteurs de l’île. Plaisante ballade dans les ruelles et jardins fleuris, visite de la villa Krupp aujourd’hui transformée en hôtel-restaurant. De là nous avons une vue époustouflante sur les célèbres Faraglioni, pinacles émergeant de la mer au SE de l’île et sur la baie où mouillent de luxueux yachts.

Samedi, nous abandonnons Capri à sa horde de touristes avide de luxueuses boutiques et nous nous dirigeons vers le Golfe de Salerno. Pas de vent, donc vraisemblablement une longue navigation au moteur…8 heures de moteur plus tard, terre en vue ! Nous mouillons à 500 mètres au sud du petit port de San Marco sur la côte italienne. D’abord bercés par de réguliers mouvements oscillatoires en début de soirée, le mouillage s’avère très rouleur dans la nuit avec la montée en force du vent, nous obigeant à lever l’ancre à 2 heures du matin. Nous nous rabattons sur le port et mouillons devant celui-ci pour terminer notre nuit.

Au matin, un ciel légèrement couvert nous attend. Y aura-t-il du vent aujourd’hui ? That’s the question qui préoccupe le skipper…que neni ! JP hisse tout de même la GV et le génois, Sweetblue atteint péniblement 2 nœuds. Eole est définitivement inscrit aux abonnés absents ! Nous remettons le moteur cap sur la Calabre sans destination précise et progressons en mer Tyrrhénienne, cap au Sud en longeant la côte ouest de la botte.

Lors de la traversée du Golfe de Salerno, nous avons été effaré par la quantité de détritus souillant les eaux d’un bleu profond : caisses de sagex, sacs plastique, bouteilles de PET, papiers, ballons de foot (3!) et j’en passe. Certains prennent vraiment la mer pour une poubelle.

Dimanche 18 juillet

Acciaroli sur la côte du Cilento nous accueille à sa manière : trois jeunes « carabinieri » nous abordent alors que nous avons mouillé à l’extérieur de la marina, devant la plage. « Documenti !», ils ne s’embarrassent d’aucune politesse. Les papiers contrôlés, ils nous signalent qu’il est interdit de jeter l’ancre à moins de 200 mètres du rivage, nous reculons de 80 mètres à leur grande satisfaction. Délation du bosco de la marina auquel nous avons refusé le prix demandé pour un amarrage à quai le jugeant trop onéreux ? nul ne le sait…mais le doute persiste !

La Madone d'Acciaroli.JPGLa statue blanche d’une Madone veille religieusement à l’entrée du port au bout du môle et le village en bord de mer est plaisant à visiter. On dit qu’Acciaroli était l’un des lieux de séjour favoris d’Hémingway en Italie et qu’ici, il aurait eu l’inspiration du « Vieil homme et la mer ». Il est facile de voir pourquoi : le paysage est la mer offrent une palette de formes et de couleurs sans cesse changeante qui assurément lui ont plu. Un marché s’y tient le lundi matin, nous y dépensons quelques euros.

Las de ne pas trouver de vent en navigation côtière, nous appareillons vers midi pour la traversée du Golfe de Salerno, cap sur les Iles Eoliennes à 92 miles.

15.07.2010

de Grosseto à Ventotene

De retour sur le blog après quelques jours d’absence voici quelques nouvelles peu rafraichissantes de l’équipage de Sweetblue. Il fait une chaleur étouffante presque sans vent. La température de l’air se situe entre 35 et 40°C et l’eau avec ses 28°C peine à nous rafraîchir. Nous sommes à l’entrée du Golfe de Naples, plus pécisément au mouillage devant le petit port pittoresque de Procida, île où a été tourné le film « Il Postino ».

Nous tenons à remercier toutes ceux et celles qui par leurs messages sms, mails et commentaires sur le blog continuent à nous encourager pour la suite de notre périple. Il fait bon vous lire, vous êtes le fil invisible qui nous relie à nos racines…

Mais revenons à nos moutons…

De Grosseto à Ventotene

Vendredi et samedi 2 et 3 juillet

La Marina de San Rocco di Grosseto nous accueille pour 3 nuits avant de reprendre la mer , cap sur l’île de Giglio éloignée de 20 miles. Une petite brise  de 6 à 8 nœuds permet à Sweetblue de fendre les eaux à 3 nœuds toutes voiles dehors, vent de travers, l’idéal pour la pêche à la traîne : nouvelle tentative…

Briganti (2).JPGNous avons passé ces deux derniers jours en compagnie du 2ème cousin de JP, Luciano et d’une partie de la famille. Ambiance exubérante à l’italienne, après-midi à la plage « con la bimba » et souper d’adieux mémorable au restaurant « la Locanda dei Brigandi »à Marina di Grosseto, endroit complètement déjanté où le spectacle est assuré en partie par les convives sous la houlette des hôtes, karaoké et farces grivoises. Si vous passez dans le coin, faites-y un tour, pour autant que votre morale et votre éducation non-puritaine vous l’autorisent ! On vous aura prévenu…

Quelque peu soulagés de laisser derrière nous toute l’agitation de cette société hyper-active, nous retrouvons avec plaisir le calme et la sérénité de la mer, plus propices à de saines réflexions.

 

 

Dimanche 4 juillet

L’Isola de Giglio qui signifie « Lys » et dont l’île montagneuse en est couverte au printemps nous voit arriver dans l’après-midi. La majorité de la population vit autour du port situé sur la côte Nord. Le vieux village de Castello, fortifié par les Aragonais culmine à 400 mètres et servait de refuge lors des raids de pirates. Nous mouillons à la Cala Cannelle, fond de sable, bonne tenue.

Mouillage à Gianutri.JPGLe lendemain, un saut de puce( !) de 10 miles nous conduit à l’Isola di Giannutri, l’île la plus au Sud de l’archipel des îles toscanes. Minérale et plutôt basse, elle constitue un parc national. Nous mouillons pour 2 nuits à la Cala Spalmatoi sous les yeux intrigués de plusieurs centaines de gabbiani (en italien), espèces de goélands aux cris perçants et continus : une vraie cacophonie ! Merveilleuse crique sauvage aux allures de Galapagos mais sans phoque ni iguane.

Malgré les nombreux panneaux d’interdiction de randonnée sans guide local, nous profitons de nous dégourdir les jambes par une ballade sur la crête de l’île. La chaleur écrasante rend la fraîcheur ombragée des pins et lauriers en fleurs la bienvenue.

A notre réveil, le mercredi 7 juillet, c’est une mer d’huile à peine frissonnante qui s’offre à nos yeux. Pas de vent annoncé à la météo et nous voilà reparti pour une journée voile »diesel » en direction des Iles Pontines distantes de 115 miles avec une nuit de quarts en perspective. Etape « bascule » vers le Sud, en évitant les grands ports commerciaux que sont Civitavecchia et Fumicino qui n’offrent aucun intérêt.

Le rapala nous suit fidèlement à quelques 50 mètres, malheureusement toujours sans prise. Quelle misère ! Journée de navigation avec au menu, lecture, sieste et bronzette. Bon nombre de chalutiers croise au large et nous hésitons à nous en approcher pour leur demander une aumône avant de nous raviser. Notre poêle restera désespérement vide !

Il est 8h ce jeudi lorsque nous jetons l’ancre à la Cala del Porto sur l’île de Palmarola. Le mouillage rendu difficile par les nombreux rochers, la présence de plusieurs voiliers ainsi que par un vent que les locaux appellent « levante », soufflant à plus de 15 nœuds nous obligent à nous y reprendre par 3 fois. Je vais me coucher. Le capitaine habité par un étrange sentiment d’inquiétude reste sur le pont à contrôler la bonne tenue du mouillage. Tout à coup, il m’appelle : « Marianne ! vite, le bateau dérape ! », il faut recommencer la manœuvre de mouillage. En relevant l’ancre, JP s’aperçoit avec stupéfaction que l’ancre n’est plus au bout de la chaîne !!! La vis qui la maintenait s’est dévissée probablement sous l’effet des vibrations.

Francesco.JPGHeureusement, Francesco de Sweet Connection mouillé près de nous a compris ce qui se passe et se propose de plonger pour la récupérer par 7 mètres de fond. Merci Francesco de Ponza ! www.marineriaponzese.it Entre-temps, JP accroche une Danforth en lieu et place de l’ancre charrue en perdition. Le vent tombe à zéro en début d’après-midi.

Le lendemain, nous appareillons en fin de matinée pour nous rendre sur l’île de Ponza, la plus grande de l’archipel. Ces îles sont des cratères volcaniques effondrés, appartenant à deux chaînes différentes. Nous longeons la partie Ouest de l’île bordée par d’impressionnantes falaises. Tout au long de la côte, l’érosion a sculpté les pinacles et les falaises leur donnant des formes fantastiques. Vrai régal de géologue, la roche métamorphique a été tordue et comprimée en tous sens puis érodée par le vent et la mer pour parfaire l’effet. Je n’exagère pas, les formations rocheuses sont vraiment spectaculaires. Le port et la petite ville situés sur la partie Est, sont pittoresques avec leurs maisons pastel, rose, ocre, bleues et blanches dominées par le vert des cultures en terrasses et les bateaux de pêche aux couleurs lumineuses amarrés le long du quai.

Nous mouillons dans une petite crique, juste avant la Cala Inferno. Pour une fois, nous sommes seuls au pied d’une vertigineuse falaise blanche. Le lendemain, après la visite du port de Ponza où nous profitons pour nous avitailler, nous retournons à la Cala Inferno pour la nuit. Et quelle nuit : l’enfer ! Une chaleur étouffante, pas une once de vent et la visite de plusieurs escadrilles de moustiques qui oeuvreront toute la nuit ! La chaleur accumulée par les falaises la journée est restituée la nuit, une vraie sauna, la Cala Inferno n’a pas usurpé son nom !

Depuis quelques jours, JP souffre d’une oreille, vraisemblablement une otite purulente nous obligeant à retourner au port de Ponza à la recherche d’une pharmacie, celle de bord ne contenant  pas le bon médicament. Nous re-mouillons dans la rade, c’est alors que nous rencontrons un bateau battant pavillon suisse, à son bord Isabelle, Roger et leur chien Tartuffe qui naviguent sur un kerkéna, bateau prototype de 6 mètres. Nous les invitons à partager notre repas du soir à bord. Soirée sympa au son de la musique diffusée sur le port et des cris enthousiastes des tifosis : ce soir se joue la finale du mondial de foot, Espagne- Pays-Bas. Le port retrouve son calme à 1 heure du matin et nous pouvons nous endormir sereinement.

Lundi 12 juillet

Je souffle mes 53 bougies alors que le vent nous boude. Le plein de gazoile et d’eau à 8 euros les 5 minutes( !) fait, nous faisons route sur la dernière île de l’archipel : Ventotene. Par une toute petite brise, direction Sud, Sweetblue glisse à 2,5 nœuds sur une mer à peine frissonnante, autant dire qu’à cette vitesse, il ne faut pas être pressé d’arriver à bon port.

Ventotene, appelée Pandataria à l’époque romaine est également surnommée l’île aux Sirènes en référence à la mythologie grecque. En effet, ce serait ici qu’Ulysse aurait entendu le chant des sirènes avant de se jeter dans les bras de Circé, dangereuse magicienne qui transforma les éclaireurs d’Ulysse en pourceaux.

L’île couverte d’un maigre maquis et de figuiers de Barbarie nous voit arriver dans l’après-midi. Nous mouillons à l’extérieur du port (Porto Vecchio) sur fonds mi-sable, mi-roche de bonne tenue. Vue sur le petit village aux maisons blanches et ocres et sur le remarquable phare à l’entrée du petit port. C'était à l'origine un port pour les galères, taillé directement dans la roche. Les énormes bites d'amarrage creusées dans le tuf volcanique laissent deviner la taille des galères d'autrefois. Le nouveau port dont l’entrée est très étroite est réputé rouleur par vent N-E. Une fois dans l’entrée, il faut virer à 90° sur tribord, mieux vaut bien préparer son amarrage avant d’entrer.

Le soir, nous fêtons mon anniversaire dans un adorable petit restaurant accroché à une falaise et dominant une mer calme tout juste illuminée par les reflets de la lune qui semble s’inviter à notre repas d’amoureux. De là nous entendons le doux murmure des vagues venant s’échouer sur la petite plage en contrebas. L’endroit est romantique à souhait, au menu : du poisson (of course !). Nous échangeons quelques mots avec un couple romain en vacances qui nous distille moult renseignements sur la région et sur les Iles Eoliennes. Ceux-ci s’avèreront utiles pour la suite de notre périple.

02.07.2010

de Solenzara à Marina di Grossetto

Lundi 28 juin

Cala di Barbatoria.JPG21 heures de navigation plus tard, 88 miles accomplis, l'ìle d'Elbe se profile enfin à l'horizon. Il est 7h30 ce lundi matin lorsque nous mouillons dans la baie de Barbatoria. Nous ne sommes pas les seuls, une quinzaine de voiliers y ont jeté leur ancre! L'heure du petit déjeuner pour certains alors que notre couchette nous tend les bras pour quelques heures de repos bien mérités. Lorsque nous ouvrons un oeil, le soleil luit déjà haut dans le ciel, il est 11h. Le reste de la journée est consacrée au farniente, à la baignade et au snorkeling.

Notre traversée sur l'île d'Elbe s'est bien passée. Après avoir longé la côte corse plein nord (cap 0 ou 360) nous visons l'île de Pianosa et celle de Montecristo, petit mamelon fantasmagorique flottant sur l'horizon à tribord. Plaisante navigation, vent de travers N-W, Sweetblue court à 5-6 noeuds. Le vent forcissant à 18-20 noeuds, nous tirons 2 bords au pré, SB file à 7 noeuds! La nuit est belle, illuminée par la pleine lune qui semble suspendue à l'arrière du bateau tel un ballon de fête foraine et fait briller la mer dans son sillage. Lors de nos quarts de nuit, nous entendons le frou-frou régulier de l'eau coupée par l'étrave dans la grande paix de la mer et de la nuit. Immense sensation  de plénitude et de liberté!

Cargo au large.JPGDans le Golfe de Corse, nous croisons six bâtiments (cargos et ferry) rejoingant le port de Bastia. Nous restons sur nos gardes : estimation de leur vitesse et de leur direction pour éviter une éventuelle (mais peu probable) collision...et changer de cap le cas-échéant.

Mardi 29 juin

Nous quittons Cala di Barbatoria avec l'intention de musarder le long des côtes de l'île d'Elbe. Rapidement, le moteur donne des signes de faiblesse nous obligeant une heure plus tard à faire une halte dans la baie de Campo Marina à la recherche d'un mécanicien moteur. Entre-temps, JP change le filtre à gazoil. Alessandro interviendra en fin d'après-midi; après une heure d'investigation, le problème n'est pas vraiment élucidé. Il semble que nous ayons un souci avec l'interrupteur de fermeture/ouverture d'arrivée d'essence.

 

Mercredi 30 juin

Nous quittons la baie vers 11h en espérant que le moteur tienne le coup, ce qui semble le cas. Ouf! A la recherche d'un petit mouillage tranquille, nous le trouverons vers 12h30 à l'Est de l'île, en face nous apercevons le Golfe del Sole et Punta Ala sur la côte italienne où nous nous rendrons demain matin.

Jeudi 1er juillet

Déjà un mois que nous avons quitté la Suisse. Dans l'ensemble, bilan positif avec un rythme "mer" bien établi. Levés dès que le soleil éclaire la cabine vers 6h30 et  couchés avec la nuit vers 22h. Chacun sait ce qu'il doit faire et les amarrages se passent dans le plus grand calme et sans précipitation. La vie à bord est des plus agréable. Nous n'avons pas rencontré de vrai gros temps ni de mer démontée.

Sweetblue quitte l'île d'Elbe et continue son périple dans les eaux de l'archipel des îles toscanes. Cette journée nous verra traverser sur Marina di Grossetto (cap au 90) où nous nous amarrons en fin d'après-midi après une navigation sans problème, au grand largue! La pêche à la traîne ne donne toujours rien : Findus a encore de beaux jours devant lui! (dixit François)